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Stratégie

La position au poker : pourquoi parler en dernier rapporte

Parler en dernier, c’est décider en sachant ce que les autres ont fait. Les neuf places d’une table, le cas des blindes et l’effet direct sur les mains à jouer.

La position au poker : pourquoi parler en dernier rapporte

Parler en dernier rapporte parce que vous décidez avec une information que vos adversaires n’ont pas : vous savez déjà s’ils ont checké, misé ou relancé. Au Texas Hold’em, l’ordre de parole est fixe après le flop pour toute la main, et c’est le joueur au bouton qui ferme chaque tour d’enchères. La même main vaut donc plus au bouton que sous le canon, et les deux blindes sont les places où presque tout le monde perd des jetons sur la durée.

Les neuf places d’une table pleine, du canon au bouton

À neuf joueurs, chaque place porte un nom anglais que vous croiserez partout, en home game comme dans les retransmissions de tournoi. Avant le flop, la parole part du joueur assis à gauche de la grosse blinde. Après le flop, c’est le premier joueur encore en jeu à gauche du bouton qui ouvre, donc la petite blinde si elle a suivi, et le bouton qui parle en dernier.

Place Nom Parole au préflop Parole après le flop Famille
UTG Under the gun, « sous le canon » 1re 3e Début de parole
UTG+1 Juste après le canon 2e 4e Début de parole
MP (ou UTG+2) Middle position 3e 5e Milieu de parole
LJ (ou MP2) Lojack 4e 6e Milieu de parole
HJ Hijack 5e 7e Milieu / fin
CO Cutoff 6e 8e Fin de parole
BTN Bouton (dealer) 7e 9e, en dernier Fin de parole
SB Small blind, petite blinde 8e 1re Blindes
BB Big blind, grosse blinde 9e, en dernier 2e Blindes

Les étiquettes varient un peu selon les sources : certains parlent de MP1 et MP2, d’autres d’UTG+2 et de lojack. Peu importe le nom. Ce qui compte, c’est le nombre de joueurs qui parlent encore après vous. Sous le canon, ils sont huit. Au bouton, il n’en reste que deux, et tous deux joueront hors de position contre vous jusqu’à la river. Si un terme vous échappe, le lexique des termes de table les reprend un par un.

Ce que vous gagnez concrètement à parler après

  • L’information. Un check adverse ne prouve rien, mais il rend plus probable une main moyenne ou faible. Vous ajustez avant de mettre le moindre jeton.
  • Le contrôle du pot. Avec une main moyenne, vous pouvez checker derrière et voir la carte suivante gratuitement. Hors de position, vous choisissez entre grossir un pot que vous voulez petit et subir la mise.
  • La taille de mise juste. Avec une grosse main, vous voyez venir l’action avant de choisir combien miser.
  • Des bluffs moins chers. Un adversaire qui checke deux fois montre rarement de la force. Vous tentez le coup quand l’histoire tient, et vous abandonnez sans rien payer de plus quand il résiste. Les conditions d’un bluff rentable en dépendent largement.
  • Le dernier mot. À la river, vous êtes le seul à savoir si la main se termine par un check ou par une mise.

Prenez la même main des deux côtés. Vous avez A♥J♣, le flop tombe J♦8♠5♠. Au bouton, l’adversaire checke : vous misez pour la valeur, et s’il relance, l’information est nette. En petite blinde, vous parlez en premier. Si vous misez et qu’il relance, vous ne savez pas s’il tire à la couleur ou s’il a touché un brelan. Si vous checkez, vous lui offrez une carte gratuite quand il tire. Les cartes sont identiques, la décision est plus dure, et c’est hors de position que savoir lâcher une main moyenne coûte ou rapporte le plus.

Les blindes, deux places qui perdent presque toujours

Les blindes cumulent deux handicaps. Vous mettez des jetons avant d’avoir vu vos cartes, et vous jouez hors de position contre tous les autres après le flop. Même chez les joueurs gagnants, le bilan en petite et en grosse blinde est presque toujours négatif. L’objectif n’y est pas de gagner, c’est de perdre le moins possible.

La grosse blinde a un avantage sur la petite : elle parle en dernier avant le flop, et elle paie souvent un prix réduit pour voir le flop puisqu’une partie de sa mise est déjà au milieu. Le mécanisme complet est détaillé dans l’article sur la petite et la grosse blinde.

Mon avis sur la petite blinde : c’est la pire place de la table, et je la joue en relance ou en fold, presque jamais en complétant. Compléter invite la grosse blinde à voir un flop pour rien, avec la position sur vous pendant toute la main.

Ouvrir large en fin de parole, serré en début de parole

La conséquence pratique se lit dans la sélection des mains. Sous le canon, vous ouvrez en sachant que huit joueurs peuvent avoir mieux, et que vous serez hors de position contre la plupart d’entre eux. Au bouton, il ne reste que les blindes, déjà handicapées. Une main comme K♣T♦ est un fold sous le canon et une ouverture normale au bouton.

Mes repères à neuf joueurs : environ 10 % des mains sous le canon, autour de 22 % au cutoff, plus de 40 % au bouton quand les blindes sont prudentes. Le détail, place par place, est dans le guide des mains de départ au Texas Hold’em. Ces chiffres ne sont pas une loi : contre des blindes qui défendent tout, je resserre le bouton.

Position absolue, position relative et tête-à-tête

La position dont on parle d’habitude est absolue : votre place par rapport au bouton. Il existe aussi une position relative, par rapport au joueur qui a l’initiative. Dans un coup à quatre, si le relanceur est assis juste à votre droite, vous devez décider avant que les autres aient réagi à sa mise. S’il est assis juste à votre gauche, sa mise arrive et tout le monde a parlé quand vient votre tour. En home game, je préfère m’asseoir à la gauche du joueur le plus agressif pour cette raison.

En tête-à-tête, la règle change : le bouton poste la petite blinde, parle en premier avant le flop et en dernier sur le flop, le turn et la river. Les règles du Texas Hold’em prévoient ce cas particulier.

Sur la position relative dans les coups à quatre ou cinq joueurs, je n’ai pas de règle simple à proposer : tout dépend de qui relance et de qui suit. Je me suis longtemps trompé en croyant que seule la place par rapport au bouton comptait. La position ne remplace pas non plus le reste : elle s’ajoute aux facteurs décrits dans ce qui pèse vraiment sur le résultat.

Position au poker : ce qui revient à table

Quelle est la meilleure position au poker ?

Le bouton. Le joueur au bouton parle en dernier sur le flop, le turn et la river, donc il décide toujours en connaissant l’action des autres. C’est la place où l’on peut jouer le plus de mains de façon rentable.

Que veut dire UTG au poker ?

UTG signifie « under the gun », sous le canon. C’est le joueur assis directement à gauche de la grosse blinde, le premier à parler avant le flop. Comme huit joueurs parlent après lui à neuf, c’est la place où l’on ouvre le moins de mains.

Qui parle en premier après le flop ?

Le premier joueur encore en jeu à gauche du bouton. Si la petite blinde a suivi, c’est elle ; sinon la grosse blinde, et ainsi de suite. En tête-à-tête, le bouton est aussi petite blinde : il parle en premier avant le flop, en dernier ensuite.

Pourquoi les blindes perdent-elles de l’argent ?

Parce que la mise est forcée avant de voir ses cartes et que les blindes jouent hors de position contre tous les autres joueurs après le flop. Sur un grand nombre de mains, ces deux places affichent un solde négatif même pour les bons joueurs.

Hugo

Auteur du site : des centaines de soirées en home game et des milliers de mains jouées en jetons fictifs, sans jamais avoir misé un euro. Les avis sont les miens ; les probabilités sont calculées, les règles suivent les usages de la TDA, et les faits historiques sont sourcés.

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