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Variantes

Les variantes de poker les plus jouées, et ce qui fait leur succès

Le No Limit Hold’em domine, le PLO suit, le short deck a conquis les gros joueurs. Pourquoi ces variantes et ces formats l’emportent, dates des WSOP et de Triton à l’appui.

Les variantes de poker les plus jouées, et ce qui fait leur succès

Le No Limit Texas Hold’em est de très loin la variante la plus jouée, en ligne comme en casino, et le Pot Limit Omaha (PLO) arrive deuxième. Derrière, trois choses marchent pour des raisons différentes : le short deck chez les joueurs de très haut niveau, les formats rapides ou à primes comme le Spin & Go et le mystery bounty, qui changent la façon de jouer sans toucher aux règles, et les mixed games comme le HORSE, qui gardent un prestige à part aux WSOP. Le succès d’une variante tient presque toujours aux mêmes ingrédients : des règles qu’on apprend en dix minutes, de l’action, et une vitrine.

Le classement des variantes, et ce qui l’explique

Variante ou format Où on la croise Ce qui la porte Repère daté
No Limit Hold’em Partout, cash game et tournoi Deux cartes, tapis possible à chaque main Main Event des WSOP joué en No Limit Hold’em depuis 1971
Pot Limit Omaha Cash games, surtout en Europe et en ligne Quatre cartes, gros pots, écarts d’équité serrés Introduit à Las Vegas au Golden Nugget sous le nom de « Nugget Hold’em »
Short deck High stakes en Asie, circuit Triton 36 cartes, action permanente Premier tournoi live Triton en mai 2018, épreuve WSOP en 2019
Spin & Go, Expresso En ligne Trois joueurs, quelques minutes, prix tiré au sort Expresso en 2013, Spin & Go en 2014
Mystery bounty Tournois live et en ligne Primes cachées, gros lot possible 14 112 entrées aux WSOP 2022 pour l’épreuve à 1 000 dollars
HORSE et 8-Game WSOP, parties de haut niveau Polyvalence, prestige 50 000 dollars HORSE en 2006, huit jeux depuis 2010

Les trois dernières lignes ne sont pas des variantes au sens strict : un Spin & Go se joue en Hold’em, un mystery bounty aussi. Je les classe parmi les formats. Mais ce sont eux qui ont le plus modifié la façon de jouer ces dix dernières années, bien plus que l’arrivée de nouvelles règles.

No Limit Hold’em : deux cartes et un tapis toujours possible

Le Hold’em a pour lui une simplicité imbattable : deux cartes privées, 169 mains de départ distinctes une fois les couleurs regroupées, un tableau commun que tout le monde voit. On comprend les règles du Texas Hold’em en une main commentée. Le no limit ajoute le reste : à chaque instant, un joueur peut pousser tout son tapis au milieu. Chaque main peut devenir décisive, ce qui fait le spectacle.

La télévision a fait le reste. La caméra sous la table, qui montre les cartes cachées aux spectateurs, et la victoire de l’amateur Chris Moneymaker au Main Event 2003, qualifié via un satellite en ligne, ont déclenché le boom des années 2000. L’histoire du poker montre que le Hold’em était pourtant marginal hors du Texas jusque dans les années 1960. Mon avis : il doit son règne autant à sa lisibilité à l’écran qu’à ses qualités de jeu. C’est aussi la variante où l’on trouve le plus de ressources pour progresser, à commencer par les mains de départ.

Omaha et short deck : plus de cartes, plus d’action

Le PLO doit son succès à l’action. Avec quatre cartes, chacun a six combinaisons de deux cartes à associer au tableau, les tirages s’additionnent et les écarts d’équité se resserrent. Au Hold’em, une paire d’as gagne environ 85 % du temps contre une main aléatoire. En Omaha, A♠ A♥ K♠ K♥, l’une des meilleures mains de départ, tourne autour de 71 % selon mon calcul par simulation. Résultat : on suit plus, les pots grossissent, et le pot limit empêche seulement que tout parte dès le préflop. Les règles sont détaillées dans la page consacrée à l’Omaha. Les WSOP proposent d’ailleurs un championnat de PLO à 10 000 dollars.

Le short deck pousse la même logique plus loin. On retire les 2, 3, 4 et 5, les mains se touchent davantage, et la structure à antes gonfle le pot avant même la distribution. Venu d’Asie, popularisé par une vidéo de Phil Ivey et Tom Dwan en 2015, il a trouvé sa vitrine sur le circuit Triton : en mai 2018 au Monténégro, la première épreuve live de short deck en antes seules, à 250 000 dollars de Hong Kong, a réuni 61 entrées et Phil Ivey l’a gagnée face à Dan Cates pour 604 977 dollars. Les WSOP ont suivi en 2019 avec une épreuve à 10 000 dollars, remportée par Alex Epstein. Je ne sais pas dire si le short deck s’installera durablement hors des très grosses limites : sur ce point, les signaux restent contradictoires.

Spin & Go et mystery bounty : quand le format fait le succès

Le Spin & Go, appelé Expresso chez Winamax qui l’a lancé en 2013, un an avant PokerStars, est un tournoi de Hold’em à trois joueurs en hyper-turbo. La dotation est tirée au sort au départ : au lancement chez PokerStars en 2014, elle allait de deux à mille fois le buy-in, le multiplicateur ×2 sortant dans 75 % des cas. Une partie dure quelques minutes et le gros lot fait rêver. Je déconseille ce format pour apprendre : les tapis sont trop courts pour travailler le jeu après le flop.

Le mystery bounty cache le montant des primes. Quand vous éliminez un joueur dans la phase concernée, vous tirez une enveloppe, et l’une d’elles peut contenir le gros lot. Aux WSOP 2022, l’épreuve à 1 000 dollars avec une prime d’un million a attiré 14 112 entrées ; Matt Glantz a tiré l’enveloppe du million. En 2023, sous le nom Mystery Millions, l’épreuve a réuni 18 188 entrées. Le fonctionnement général des tournois de poker ne change pas, seul le partage de la dotation bouge.

HORSE et mixed games : le prestige des joueurs complets

Le HORSE fait tourner cinq jeux : Hold’em limit, Omaha Hi-Lo, Razz, Seven Card Stud et Stud Hi-Lo. Les WSOP l’ont consacré en 2006 avec une épreuve à 50 000 dollars, la plus chère du programme à l’époque, gagnée par Chip Reese pour 1 716 000 dollars. En 2010, elle a laissé la place au Poker Players Championship, au même prix, joué en huit variantes : le HORSE plus le No Limit Hold’em, le Pot Limit Omaha et le 2-7 Triple Draw. Une neuvième, le 2-7 Single Draw en no limit, s’y ajoute depuis 2021.

Le succès des mixed games est d’une autre nature : peu de joueurs, mais les meilleurs. Gagner un tournoi en huit jeux prouve qu’on maîtrise plusieurs logiques, pas seulement une. C’est pour cela que les joueurs les plus respectés du milieu y tiennent autant. Pour savoir comment chaque famille se joue concrètement, voyez la page sur les différentes variantes du poker.

Hold’em, Omaha, short deck : les doutes avant de changer de jeu

Quelle est la variante de poker la plus jouée au monde ?

Le No Limit Texas Hold’em, en cash game comme en tournoi. C’est la variante du Main Event des WSOP et de la quasi-totalité des tournois diffusés. Le Pot Limit Omaha arrive en deuxième position, surtout en cash game.

Le PLO est-il plus difficile que le Hold’em ?

Il est plus difficile à lire : quatre cartes, six combinaisons de deux cartes et l’obligation d’en utiliser exactement deux. Les écarts entre les mains sont aussi plus faibles, donc les erreurs coûtent moins par main mais reviennent plus souvent. Mieux vaut maîtriser le Hold’em avant.

Le Spin & Go est-il une variante de poker ?

Non, c’est un format de tournoi. On y joue du No Limit Hold’em à trois joueurs, avec des blindes qui montent très vite et une dotation tirée au sort avant la première main.

Qu’est-ce que le HORSE au poker ?

Un format mixte qui fait tourner cinq variantes : Hold’em, Omaha Hi-Lo, Razz, Seven Card Stud et Stud Eight or better. Chaque lettre correspond à un jeu. Les WSOP y ont consacré une épreuve à 50 000 dollars de 2006 à 2009.

Hugo

Auteur du site : des centaines de soirées en home game et des milliers de mains jouées en jetons fictifs, sans jamais avoir misé un euro. Les avis sont les miens ; les probabilités sont calculées, les règles suivent les usages de la TDA, et les faits historiques sont sourcés.

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