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Variantes

Seven Card Stud : règles et déroulé d’une main

Sept cartes, trois cachées et quatre visibles, une ante, un bring-in et cinq tours d’enchères en limit : le Seven Card Stud expliqué rue par rue.

Seven Card Stud : règles et déroulé d’une main

Au Seven Card Stud, chaque joueur reçoit sept cartes, trois cachées et quatre visibles, et forme la meilleure main de cinq cartes. Il n’y a ni flop ni blindes : tout le monde paie une ante, la plus petite carte visible ouvre obligatoirement avec le bring-in, puis cinq tours d’enchères se succèdent, de la 3rd street à la 7th street. Le jeu se pratique presque toujours en limit : petite mise sur les deux premiers tours, grosse mise, le double, sur les trois derniers. On joue de deux à huit joueurs.

Antes, bring-in et limites : ce qui se paie avant de jouer

Avant la distribution, chaque joueur pose une ante, une petite contribution fixe. Les montants dépendent de la partie : une table en 10/20 se joue par exemple avec une ante de 1 ou 2 et un bring-in de 3 à 5, mais chaque salle fixe sa grille. Le 10 désigne la petite mise, le 20 la grosse.

Chacun reçoit alors deux cartes cachées et une carte visible. Le joueur dont la carte visible est la plus faible doit payer le bring-in, une ouverture forcée inférieure à la petite mise. L’as compte comme carte haute pour cette règle. En cas d’égalité de rang, c’est la couleur qui départage, dans l’ordre trèfle, carreau, cœur, pique, du plus faible au plus fort. Le joueur au bring-in peut aussi choisir de « compléter », c’est-à-dire de miser directement la petite mise.

Les joueurs suivants, dans le sens des aiguilles d’une montre, se couchent, suivent le bring-in ou complètent. Une fois la petite mise atteinte, les relances se font par paliers de cette même petite mise. Le nombre de relances est plafonné, souvent à trois ou quatre selon la salle, sauf quand il ne reste que deux joueurs.

De la 3rd street à la 7th street, rue par rue

Rue Cartes reçues Qui parle en premier Taille des mises
3rd street 2 cachées + 1 visible Le bring-in (plus petite carte visible) Bring-in, puis petite mise
4th street 1 visible La meilleure main visible Petite mise (grosse mise permise avec une paire visible, en Stud high)
5th street 1 visible La meilleure main visible Grosse mise
6th street 1 visible La meilleure main visible Grosse mise
7th street (river) 1 cachée La meilleure main visible Grosse mise

Dès la 4th street, l’ordre de parole n’est plus fixe : celui qui montre la meilleure combinaison visible parle en premier, et il peut checker. Une paire de rois visible parle avant un as seul, un as seul avant une dame seule. Avec deux mains visibles identiques, c’est le joueur le plus proche à gauche du croupier qui commence. La règle de la paire visible en 4th street mérite d’être connue, dans les salles qui l’appliquent encore : dès qu’une paire est visible, celui qui ouvre les enchères, qu’il montre la paire ou non, peut miser la grosse mise dès ce tour. Je me suis longtemps trompé sur ce point en croyant que cette option était réservée au joueur à la paire.

À l’abattage, chaque joueur a trois cartes cachées et quatre visibles et retient les cinq meilleures, selon l’ordre classique des mains. Les égalités se règlent avec les kickers, comme au Hold’em. Un dernier détail : à huit joueurs, sept cartes chacun font 56 cartes, plus que le paquet. Si personne ne s’est couché avant la river et que les cartes manquent, la dernière carte est retournée au centre et sert de carte commune à tous.

Ce que valent vos trois premières cartes

Il y a 22 100 façons de recevoir trois cartes parmi 52. Les chiffres de départ sont simples à retenir.

  • Brelan servi, les trois cartes du même rang : 52 combinaisons, soit 1 sur 425, environ 0,24 %.
  • Une paire exactement : 3 744 combinaisons, soit 16,9 %.
  • Trois cartes de la même couleur : 1 144 combinaisons, soit 5,2 %.

Mais au stud, ces chiffres ne valent qu’une fois corrigés par ce que vous voyez. Les cartes visibles chez les autres sont des cartes que vous ne recevrez pas. Avec une paire de 9 cachée, si les deux autres 9 sont visibles chez vos adversaires, votre brelan est devenu impossible. Avec trois piques, si cinq piques traînent déjà sur la table, il n’en reste que cinq dans le paquet pour finir la couleur. C’est l’équivalent stud des outs et des cotes du pot, avec un avantage : on compte les cartes mortes au lieu de les supposer.

Mon avis : je couche la plupart des petites paires cachées dès que les cartes dont j’ai besoin sont visibles ailleurs, ou quand une carte plus haute que ma paire relance devant moi. Le stud punit l’entêtement plus durement que le Hold’em, parce qu’on paie cinq tours d’enchères et non quatre. La mémoire compte autant que la lecture : il faut se souvenir des cartes visibles des joueurs qui se sont couchés, qui ont disparu de la table. Les situations où il faut lâcher sa main sont plus lisibles au stud qu’ailleurs, précisément parce qu’on voit une bonne partie du jeu adverse.

Razz et Stud Hi-Lo : la même table, un autre objectif

Le Razz reprend la distribution du stud, mais la main la plus basse gagne, sur l’échelle A-5 : l’as est bas, quintes et couleurs ne comptent pas, et la meilleure main est 5-4-3-2-A. La logique s’inverse aussi pour l’ordre de parole : la carte visible la plus haute paie le bring-in, et à partir de la 4th street, c’est la main visible la plus basse qui parle en premier. Les paires sont des catastrophes.

Le Stud Hi-Lo, ou Stud eight or better, partage le pot entre la meilleure main haute et la meilleure main basse, à condition que celle-ci soit composée de cinq rangs différents de 8 ou moins. Un joueur peut remporter les deux moitiés avec une même main de sept cartes, en utilisant des cartes différentes pour chaque moitié. Razz et Stud Hi-Lo forment, avec le Seven Card Stud, trois des cinq jeux du HORSE.

Avant l’explosion du Hold’em dans les années 2000, le Seven Card Stud était l’une des variantes les plus jouées dans les parties privées aux États-Unis. Son ancêtre, le Five Card Stud, une carte cachée et quatre visibles, est celui que l’on voit dans plusieurs films sur le poker. Faut-il apprendre le stud aujourd’hui ? Ça dépend vraiment de ce que vous jouez : pour un joueur de Hold’em pur, c’est surtout un excellent exercice de lecture. Pour les mixed games, c’est indispensable. La comparaison avec les autres familles est faite dans la page sur les différentes variantes du poker, et la place du stud aux WSOP dans celle sur les variantes les plus jouées.

Seven Card Stud : ce qui coince à table

Combien de joueurs peuvent jouer au Seven Card Stud ?

De deux à huit joueurs. À huit, le paquet ne suffit pas si personne ne se couche : la dernière carte est alors retournée au centre et devient commune à tous les joueurs encore en jeu.

Qui parle en premier au stud ?

En 3rd street, le joueur qui montre la plus petite carte visible, puisqu’il paie le bring-in. À partir de la 4th street, c’est celui dont les cartes visibles forment la meilleure main. Au Razz, la logique est inversée.

Qu’est-ce que le bring-in au poker ?

Une ouverture forcée, payée en 3rd street par le joueur qui montre la carte visible la plus faible. Son montant est inférieur à la petite mise, et ce joueur peut choisir de compléter directement jusqu’à la petite mise.

Combien de cartes cachées a-t-on au stud ?

Trois sur sept : les deux premières et la dernière, reçue en 7th street. Les quatre cartes reçues entre la 3rd et la 6th street sont distribuées face visible.

Hugo

Auteur du site : des centaines de soirées en home game et des milliers de mains jouées en jetons fictifs, sans jamais avoir misé un euro. Les avis sont les miens ; les probabilités sont calculées, les règles suivent les usages de la TDA, et les faits historiques sont sourcés.

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