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Règles du poker

Side pot au poker : calculer les pots secondaires quand un joueur est à tapis

Un joueur à tapis ne peut gagner que ce qu’il a couvert. Le reste part dans des pots secondaires, qui se calculent palier par palier, du plus petit tapis au plus gros.

Side pot au poker : calculer les pots secondaires quand un joueur est à tapis

Un side pot, ou pot secondaire, se forme dès qu’un joueur part à tapis avec moins de jetons que ses adversaires. Ce joueur ne peut gagner, sur chaque adversaire, que l’équivalent de ce qu’il a lui-même misé. Ces sommes « couvertes » forment le pot principal. Tout ce qui dépasse va dans un ou plusieurs pots secondaires, que seuls les joueurs ayant misé ces jetons peuvent remporter. Le calcul se fait par paliers : on part du plus petit tapis et on remonte.

On ne gagne que ce qu’on a couvert

Le principe tient en une phrase : un joueur ne remporte jamais plus que sa propre mise multipliée par le nombre de joueurs qui l’ont égalée. Si vous partez à tapis (all-in) pour 100 et que deux adversaires engagent 400 chacun, vous jouez pour 300 au maximum : vos 100, plus 100 de chacun d’eux. Les 300 restants de chaque adversaire forment un pot à part, disputé entre eux deux.

La règle s’applique partout : cash game, tournoi, Omaha ou Texas Hold’em, table en ligne ou partie entre amis. Les mises forcées comptent comme le reste : une grosse blinde déjà posée fait partie de ce que le joueur a engagé.

Calculer par paliers de tapis

  1. Notez ce que chaque joueur a engagé dans le coup, du plus petit montant au plus grand.
  2. Prenez le plus petit montant engagé par un joueur encore en lice. Multipliez-le par le nombre de joueurs qui ont mis au moins cette somme : c’est le pot principal.
  3. Prenez l’écart entre ce montant et le suivant. Multipliez-le par le nombre de joueurs qui l’ont couvert : c’est le premier side pot.
  4. Répétez jusqu’au plus gros montant. Si un seul joueur a misé au-delà de tous les autres, cet excédent n’est pas un pot : sa mise n’a pas été suivie, on la lui rend.

Les jetons d’un joueur qui s’est couché restent dans le coup. Ils se répartissent dans les pots selon le même découpage, mais leur ancien propriétaire ne peut plus rien gagner. Je me suis longtemps trompé sur ce point : je croyais que l’argent mort allait toujours au pot principal. C’est vrai seulement tant qu’il ne dépasse pas le plus petit tapis. Une relance de 300 abandonnée par un joueur couché alimente aussi les pots supérieurs.

Exemple chiffré : quatre joueurs, trois all-in

Quatre joueurs vont au bout d’un coup. Amélie part à tapis pour 150, Bruno pour 400, Chloé pour 900. David, qui a 1 200 devant lui, paie 900. Les blindes sont incluses dans ces montants pour garder des chiffres lisibles. Au total, 2 350 jetons sont au milieu.

Pot Calcul Montant Joueurs qui peuvent le gagner
Pot principal 150 × 4 600 Amélie, Bruno, Chloé, David
Side pot 1 (400 − 150) × 3 750 Bruno, Chloé, David
Side pot 2 (900 − 400) × 2 1 000 Chloé, David
Total 150 + 400 + 900 + 900 2 350 —

Le tableau se vérifie tout seul : la somme des pots doit égaler la somme des mises. Si ce n’est pas le cas, un palier est faux. David garde les 300 jetons qu’il n’a pas engagés.

Le tableau est K♣ 9♦ 5♠ 2♥ J♣. Amélie montre A♠ A♦ (paire d’as), Chloé K♥ Q♥ (paire de rois), Bruno 9♠ 8♠ (paire de neuf), David 7♦ 6♦ (hauteur roi). On règle chaque pot entre ses seuls prétendants.

Joueur Engagé Pots gagnés Reçoit Bilan
Amélie 150 Pot principal 600 +450
Bruno 400 Aucun 0 −400
Chloé 900 Side pots 1 et 2 1 750 +850
David 900 Aucun 0 −900

Amélie a la meilleure main de la table, mais elle repart avec 600, pas 2 350. Chloé, deuxième main, prend les deux pots secondaires, auxquels Amélie ne peut pas prétendre. Si Bruno avait eu la meilleure main, il aurait gagné le pot principal et le premier side pot, soit 1 350, et le second se serait joué entre Chloé et David.

Abattage, égalité et jeton impair

Quand un joueur est à tapis et que toutes les actions sont terminées, les règles de la TDA (Tournament Directors Association, l’association qui harmonise les règles de tournoi depuis 2001) imposent que toutes les mains concernées par le pot principal et les side pots soient retournées sans délai. Aucun joueur à tapis ni aucun joueur qui a payé ne peut jeter ses cartes face cachée. L’usage veut ensuite que le donneur attribue d’abord le dernier pot créé, puis remonte jusqu’au pot principal.

Chaque pot se partage séparément. Deux joueurs peuvent faire égalité dans un side pot et pas dans un autre : c’est là que le kicker et les règles d’égalité entrent en jeu. Un jeton impair est d’abord cassé en plus petite coupure disponible ; s’il en reste un, la TDA le donne, au hold’em, au premier joueur à gauche du bouton parmi les gagnants.

Mon avis, tranché : je déconseille de reconstituer les pots de tête à l’abattage. Je préfère que chaque pot soit séparé physiquement sur le tapis au moment où l’all-in est payé, une pile par palier. À la maison, c’est le seul moyen d’éviter dix minutes de discussion sur un coup déjà joué.

Les situations qui faussent le calcul

  • Action après l’all-in. Un joueur est à tapis préflop, deux autres continuent de miser au flop. Ces nouvelles mises vont uniquement dans le side pot : le joueur à tapis n’y a aucun droit, même s’il touche une couleur à la river.
  • Relance incomplète. Un tapis inférieur à une relance complète ne rouvre pas les enchères pour les joueurs qui ont déjà parlé, selon la règle TDA en no-limit et en pot-limit. Il crée pourtant bien un palier.
  • Double élimination en tournoi. Quand deux joueurs sont éliminés sur le même coup, celui qui avait le plus gros tapis au début de la main est classé devant. La règle compte pour les places payées détaillées dans notre page sur le fonctionnement d’un tournoi.
  • Mise à double tranchant. Face à un joueur déjà à tapis, une mise entre deux adversaires restants ne vise que le side pot. Faire coucher la deuxième meilleure main peut offrir le pot principal au joueur à tapis, ce qui ne sert souvent aucun des deux joueurs restants.

Sur ce dernier point, je n’ai pas d’argument décisif : certains jouent la « coopération tacite » face au tapis court, d’autres la jugent proche de l’entente interdite. La TDA sanctionne le soft play, c’est-à-dire le fait de ménager volontairement un adversaire ; entre les deux, tout dépend de l’intention, et elle se lit mal.

Pots secondaires : les cas litigieux

Comment calculer un side pot au poker ?

On classe les montants engagés du plus petit au plus grand. Le plus petit, multiplié par le nombre de joueurs qui l’ont couvert, donne le pot principal. Chaque écart entre deux tapis, multiplié par le nombre de joueurs qui l’ont couvert, donne un side pot.

Un joueur à tapis peut-il gagner le side pot ?

Non. Il ne peut gagner que les pots auxquels il a contribué jusqu’au bout, c’est-à-dire le pot principal et, le cas échéant, les pots secondaires créés sous son propre tapis. Même avec la meilleure main, les pots supérieurs vont au meilleur des joueurs qui les ont alimentés.

Que se passe-t-il quand personne n’égale la mise du plus gros tapis ?

La partie non suivie n’est pas un pot. Elle est rendue à son propriétaire avant l’abattage. Dans l’exemple ci-dessus, David récupère les 300 jetons qu’il n’a pas eu à engager.

Faut-il montrer ses cartes quand un joueur est à tapis ?

En tournoi, oui. Selon les règles TDA, dès qu’un joueur est à tapis et que l’action est terminée, toutes les mains engagées dans le pot principal et les side pots sont retournées face visible. Aucun joueur concerné ne peut jeter ses cartes sans les montrer.

Hugo

Auteur du site : des centaines de soirées en home game et des milliers de mains jouées en jetons fictifs, sans jamais avoir misé un euro. Les avis sont les miens ; les probabilités sont calculées, les règles suivent les usages de la TDA, et les faits historiques sont sourcés.

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